Pendant des décennies, acheter de la publicité télévisuelle au Québec et au Canada voulait dire une seule chose : négocier avec des régies, réserver des blocs horaires, et croiser les doigts en espérant toucher la bonne audience. Un processus long, coûteux, et peu mesurable.
Aujourd’hui, une partie importante de la consommation télévisuelle s’est déplacée vers des écrans connectés à internet : téléviseurs intelligents, barrettes de diffusion, consoles de jeu… Et avec ce déplacement, toute la mécanique publicitaire a changé.
La TV connectée, ou CTV, a rendu possible quelque chose que la télévision linéaire traditionnelle ne permettait pas : acheter des publicités télévisuelles avec la précision du numérique, en ciblant des audiences spécifiques, en temps réel, avec une mesure concrète des résultats.
Mais l’écosystème reste dense. CTV, OTT, AVOD, SVOD, FAST, linéaire, programmatique… les termes se multiplient, et beaucoup naviguent encore à vue dans cet univers.
Ce guide décortique l’écosystème de la CTV de fond en comble : ce que c’est, comment ça fonctionne, comment on y investit en publicité programmatique, comment on mesure les résultats, et pourquoi ce canal reste sous-exploité par les marques d’ici alors qu’il représente une réelle occasion stratégique.
Qu’est-ce que la TV connectée (CTV)? Définition et périmètre
CTV, OTT, streaming : quelles différences?
La TV connectée (CTV, pour connected television) désigne tout appareil de télévision capable de se connecter à internet pour diffuser du contenu vidéo. Ce n’est pas un service, ni une plateforme : c’est un appareil.
L’OTT (over-the-top), quant à lui, désigne le mode de livraison du contenu vidéo par internet, indépendamment d’un câblo-distributeur ou d’un satellite. Netflix, Crave, Tubi ou Amazon Prime Video sont des services OTT. Quand vous les regardez sur votre téléviseur connecté, vous êtes en train de consommer de la CTV.
Le streaming est le terme générique qui décrit la lecture de contenu audio ou vidéo en continu via internet, sans téléchargement préalable. Tout contenu OTT est du streaming, mais tout contenu en streaming n’est pas nécessairement de l’OTT (YouTube sur mobile, par exemple, n’est pas de la CTV).
En résumé : la CTV est le point d’intersection entre l’écran télévisuel et la livraison de contenu par internet.
Ces formats se trouvent sur pratiquement tous les sites. Leur avantage : une compatibilité universelle avec l’ensemble des environnements et des plateformes d’achat. Leur limite : dans un inventaire ouvert de mauvaise qualité, ils passent facilement inaperçus.
| En bref |
| CTV = l’appareil (le téléviseur connecté ou la barrette de diffusion) OTT = le mode de livraison du contenu (par internet, sans câble ni satellite) Streaming = la lecture continue de contenu via internet CTV advertising = la publicité diffusée sur ces environnements |
Les appareils CTV
Plusieurs types d’appareils permettent aujourd’hui de consommer du contenu CTV :
- Les téléviseurs intelligents (Samsung, LG, Sony, TCL…) intègrent directement un système d’exploitation connecté
- Les barrettes de diffusion et boîtiers multimédias (Roku, Amazon Fire TV Stick, Apple TV, Chromecast)
- Les consoles de jeu vidéo (PlayStation, Xbox) utilisées comme interface de streaming
- Certains décodeurs câble qui intègrent des applications de streaming
Les modèles de diffusion : SVOD, AVOD, FAST
Tous les services de streaming ne fonctionnent pas de la même façon, et cette différence est directement liée à la présence ou non de publicité.
| Modèle | Définition | Exemples | Publicité? |
|---|---|---|---|
| SVOD | Abonnement sans publicité (subscription video on demand) | Netflix (standard), Crave sans pub | Non |
| AVOD | Accès gratuit financé par la publicité (advertising-based video on demand) | Tubi, Pluto TV, YouTube | Oui |
| FAST | Chaînes gratuites en direct financées par la publicité (free ad-supported streaming TV) | Tubi Live, Pluto TV Live | Oui |
| SVOD avec option pub | Abonnement à prix réduit avec publicités | Netflix avec pub, Crave avec pub, Amazon Prime Video | Oui |
| vMVPD | Service de câble virtuel en ligne (virtual multichannel video programming distributor) | FuboTV, YouTube TV | Variable |
Pour les annonceurs, les modèles AVOD, FAST et les niveaux SVOD avec publicité représentent les environnements CTV accessibles. Et ces environnements sont en pleine expansion : l’ajout de niveaux publicitaires par Netflix et Amazon Prime Video a considérablement élargi les inventaires disponibles.
Télévision linéaire vs TV connectée : ce qui change vraiment pour les annonceurs
Le modèle d’achat traditionnel (télévision linéaire)
La télévision linéaire est la télévision traditionnelle : un contenu diffusé à heure fixe, sur une chaîne, que tous les téléspectateurs reçoivent au même moment. C’est ce que vous regardez quand vous allumez TVA à 20 h et tombez sur le bulletin de nouvelles ou une émission en cours de diffusion.
L’achat publicitaire en télévision linéaire repose historiquement sur le GRP (point d’évaluation brut), une mesure de portée et de fréquence qui indique combien de fois une publicité a été vue par un pourcentage donné d’une population cible. On achète en masse, par blocs, en négociant avec des régies. On cible des profils démographiques larges (femmes 25-54 ans, adultes 18+), sans possibilité de personnalisation fine.
Les résultats sont mesurés après coup, par panels et sondages, avec un délai de plusieurs semaines. Le contrôle sur la fréquence d’exposition est limité. Et pour une PME, les seuils d’entrée sont généralement élevés.
Ce que la CTV rend possible
La TV connectée change la donne sur plusieurs dimensions qui comptent directement pour un annonceur :
Le ciblage : En CTV programmatique, on peut cibler des audiences par données socio-démographiques, comportementales, géographiques ou contextuelles, avec une granularité proche de celle du display numérique. On peut rejoindre des ménages ayant récemment magasiné un produit précis, des ménages dans un quartier géographique spécifique à Montréal ou à Québec par exemple, ou encore des audiences similaires aux clients actuels de la marque.
La flexibilité : L’achat programmatique en CTV n’exige pas de réservation longue à l’avance. On peut ajuster les paramètres de campagne en cours de diffusion, augmenter ou réduire les investissements en temps réel, et suspendre une campagne si les résultats ne suivent pas.
La mesure : Contrairement à la télévision linéaire, la CTV génère des données de performance précises : taux de complétion vidéo, portée vérifiée, fréquence par foyer, et, pour les campagnes plus avancées, des mesures d’incrémentalité et de brand lift.
L’accessibilité : La CTV programmatique permet d’activer des inventaires télévisuels de qualité avec des investissements plus accessibles que la télévision linéaire traditionnelle, ce qui ouvre ce canal à des marques qui en étaient historiquement exclues.
Tableau comparatif : télévision linéaire vs CTV
| Dimension | Télévision linéaire | TV connectée (CTV) |
|---|---|---|
| Mode d’achat | Régie, upfront, négociation | Programmatique, PMP, RTB |
| Ciblage | Démographique large | Précis : comportemental, géo, contextuel |
| Flexibilité | Faible (achat à l’avance) | Élevée (ajustements en temps réel) |
| Mesure | GRP, panel, post-campagne | Complétion vidéo, portée, fréquence, lift |
| Seuil d’entrée | Élevé | Plus accessible |
| Contrôle de la fréquence | Limité | Possible par foyer |
| Sécurité de marque | Forte (chaînes établies) | Variable selon les choix d’inventaires et de DSP |
Comment fonctionne l’achat programmatique en CTV?
DSP, SSP, PMP, RTB : les mécanismes en contexte CTV
L’achat programmatique en CTV s’appuie sur la même infrastructure technologique que le display programmatique, mais avec des particularités propres au canal vidéo et à l’environnement télévisuel.
Le DSP (demand-side platform) est la plateforme utilisée par l’acheteur média pour accéder aux inventaires et configurer les campagnes. Chez NÜ, on travaille avec plusieurs DSP majeurs : The Trade Desk, DV360, Amazon Ads, StackAdapt.
Le SSP (supply-side platform) est la plateforme utilisée par les éditeurs (les services de streaming) pour mettre leurs inventaires à disposition des acheteurs.
Le ad exchange est la place de marché où l’offre (SSP) et la demande (DSP) se rencontrent.
Le RTB (real-time bidding) désigne le mécanisme d’enchères en temps réel qui détermine quel annonceur remporte une impression donnée.
Le PMP (private marketplace) est un environnement d’achat privatif où un éditeur propose ses inventaires à un groupe sélectionné d’acheteurs, dans des conditions négociées à l’avance.
Pour en savoir plus sur la publicité programmatique → Qu’est-ce que la publicité programmatique ? Définition, avantages et tendances
Open auction vs Private Marketplace (PMP) : pourquoi les PMP dominent en CTV
L’open auction CTV existe et peut faire partie d’une stratégie d’achat efficace. Mais quel que soit le type de transaction utilisé, enchères ouvertes, PMP ou programmatique garanti, la qualité des résultats dépend directement du travail de curation effectué en amont. Sans liste blanche, sans protocoles de sécurité de marque actifs et sans vérification des inventaires, le risque d’apparaître dans des environnements de faible qualité est réel : applications peu regardées, taux de complétion gonflés artificiellement, placements non vérifiés. C’est la rigueur appliquée à l’ensemble du processus d’achat qui protège votre investissement.
En CTV, la tendance est clairement au PMP. Les services de streaming de qualité (Crave, Amazon Prime Video, services locaux québécois) préfèrent vendre leurs inventaires via des deals directs ou des marketplaces privées, où ils contrôlent mieux les acheteurs et les prix. Pour les annonceurs, les PMP offrent plus de transparence, de meilleures données contextuelles, et des garanties sur la qualité des environnements.
Selon les données eMarketer (H1 2026), plus d’un tiers des dollars publicitaires en CTV (34,6 %) transite aujourd’hui par le RTB, contre seulement 9,5 % en 2019, et la grande majorité de ces transactions passe par des PMP plutôt que par l’open auction.
En 2026, 93,6 % des publicités display en CTV sont achetées de façon programmatique, contre 86,1 % en 2023 (eMarketer, H1 2026). La CTV est devenue l’un des canaux où la programmatique s’est imposée le plus rapidement.
Les données de ciblage disponibles en CTV
Le ciblage en CTV combine plusieurs sources de données :
ACR (Automatic Content Recognition) : technologie embarquée dans les téléviseurs intelligents qui identifie le contenu regardé et permet de segmenter les audiences selon leurs habitudes télévisuelles
Données socio-démographiques : âge, genre, langue, taille du foyer
Données géographiques : ciblage par province, ville, quartier ou rayon autour d’un point précis
Données comportementales : historique de navigation, comportements d’achat, intérêts déclarés
Données contextuelles : genre de contenu regardé (sport, information, fiction)
Données propriétaires des plateformes : Amazon Ads dispose de données retail particulièrement riches; Netflix et ses partenaires commencent à ouvrir des segments d’audience propriétaires.
Les formats publicitaires en CTV
Le pré-roll et le mid-roll vidéo
Les formats les plus courants en CTV sont les publicités vidéo linéaires insérées avant ou pendant le contenu :
- Le pré-roll : diffusé avant le début du contenu. Sa durée varie de 15 à 30 secondes. Non sautables dans la grande majorité des environnements CTV, ce qui garantit un taux de complétion très élevé.
- Le mid-roll : inséré en cours de lecture, à la manière d’une pause publicitaire télévisuelle traditionnelle. Durée variable (15 à 60 secondes selon l’éditeur).
- Le post-roll : diffusé à la fin du contenu. Moins fréquent, généralement moins performant en attention.
Le taux de complétion vidéo est l’indicateur central en CTV. Contrairement au web où l’utilisateur peut facilement fermer une publicité ou changer d’onglet, l’environnement de visionnement en CTV est beaucoup plus captif. Les taux de complétion en CTV sont nettement supérieurs à ceux observés sur d’autres formats vidéo numériques.
Les nouveaux formats : pause ads, overlay, interactifs, QR codes
La CTV a rendu possibles des formats publicitaires qui n’existaient pas à la télévision linéaire :
- Pause ads : publicité qui s’affiche sous forme de bannière lorsque l’utilisateur met le contenu en pause. Format peu intrusif, contextuellement pertinent.
- Overlay : bannière discrète affichée en bas de l’écran pendant la diffusion, sans interrompre le contenu.
- Publicités interactives : permettent à l’utilisateur d’interagir avec la publicité via sa télécommande (en savoir plus, accéder à une offre, accéder à un site).
- QR codes : affichés dans la publicité, ils permettent à l’utilisateur de scanner avec son téléphone pour être redirigé vers une page web, une offre ou un formulaire.
Ces formats fonctionnent bien lorsqu’ils sont contextuellement pertinents, fréquence contrôlée, et alignés avec le contenu visionné. Mal utilisés, ils peuvent générer de l’irritation et nuire à la perception de la marque.
Les spécifications techniques à connaître
Pour diffuser en CTV, les créatifs doivent respecter des exigences techniques spécifiques :
- Format vidéo : MP4 ou MOV, H.264 ou H.265
- Résolution : 1920 x 1080 (Full HD) minimum; 3840 x 2160 (4K) pour certaines plateformes
- Durée : 15 secondes (standard), 30 secondes (plus fréquent), 60 secondes (selon l’éditeur)
- Audio : mixage stéréo ou surround selon la plateforme; le son est presque toujours actif en CTV (contrairement au web)
- Companion banner : certaines plateformes affichent une bannière d’accompagnement à côté du lecteur vidéo
Un point souvent négligé : en CTV, le son est activé par défaut. Contrairement au display vidéo sur web ou mobile où une portion significative des vidéos sont vues sans le son, en CTV l’expérience audio est centrale. La publicité doit être conçue en conséquence.
Mesurer une campagne CTV : indicateurs et limites
Les KPI de base
La mesure en CTV repose sur plusieurs indicateurs primaires :
Impressions vérifiées : impressions validées comme ayant réellement été diffusées dans un environnement de qualité, sur un vrai téléviseur connecté (et non sur un appareil frauduleux).
VCR (Video Completion Rate) : pourcentage d’impressions où la vidéo a été visionnée jusqu’à la fin. En CTV, ce taux est structurellement élevé (généralement entre 90 % et 97 % pour des formats non sautables).
Portée et fréquence : nombre de foyers uniques touchés, et nombre moyen d’expositions par foyer sur la période de la campagne. La gestion de la fréquence en CTV est un enjeu réel : une surexposition peut générer de l’irritation et du gaspillage d’investissement.
CPM vidéo : coût pour mille impressions vidéo. Les CPM en CTV sont généralement plus élevés qu’en display, en raison de la qualité de l’environnement et du format plus engageant.
Vers une mesure plus avancée : incrémentalité, brand lift, attribution multi-écran
Les métriques de base (VCR, portée, fréquence) indiquent que la publicité a été diffusée et vue. Elles ne disent pas si elle a changé quelque chose dans la tête des personnes exposées.
Pour aller plus loin, trois approches complémentaires :
Le brand lift mesure l’impact de la campagne sur des indicateurs de marque : notoriété assistée, rappel publicitaire, intention d’achat, préférence de marque. Il s’agit d’un sondage auprès d’un groupe exposé à la campagne, comparé à un groupe de contrôle non exposé. Le brand lift donne une indication de l’effet de la campagne sur la perception de la marque, indépendamment des conversions directes.
L’incrémentalité mesure ce que la campagne CTV a généré en surplus de ce qui se serait produit de toute façon. On isole l’effet causal de la campagne en comparant les comportements d’un groupe exposé et d’un groupe de contrôle. C’est la mesure la plus défendable d’un point de vue décisionnel, mais aussi la plus complexe à mettre en place.
L’attribution post-impression permet de relier une exposition CTV à une action concrète comme la visite d’un site we ou un achat en ligne. Concrètement, un foyer exposé à votre publicité sur le téléviseur connecté peut ensuite visiter votre site web sur son téléphone ou effectuer une conversion en ligne. Ces comportements sont mesurables et apparaissent dans les bilans de campagne. C’est une des données les plus utiles pour démontrer la contribution réelle de la CTV dans votre mix média.
Pour aller plus loin sur la mesure : → Guide complet sur les indicateurs clés pour mesurer l’efficacité de votre publicité numérique
La CTV au Québec et au Canada : où en est le marché?
Les plateformes accessibles
Le marché de la CTV au Québec et au Canada se compose de plateformes globales, de services canadiens et de quelques acteurs locaux :
Plateformes globales avec inventaires publicitaires disponibles au Canada :
- Tubi (AVOD gratuit, inventaire programmatique accessible)
- Pluto TV (FAST, chaînes en direct gratuites avec pub)
- Amazon Prime Video (AVOD lancé en 2024, inventaire via Amazon Ads)
- Netflix (formule avec publicité, inventaire en accès limité via partenaires)
- Disney+ (formule avec publicité)
- Paramount+ (formule avec publicité)
- Plex (AVOD gratuit, inventaire programmatique)
- Samsung TV+ (FAST, chaînes gratuites intégrées aux smart TVs Samsung)
- LG Channels (FAST, intégré aux smart TVs LG)
- The Roku Channel (AVOD/FAST, accessible via appareils Roku)
Plateformes canadiennes et québécoises :
- Crave (Bell Media, formule avec publicité depuis 2024 contenu CTV et Noovo inclus)
- CBC Gem (Radio-Canada/CBC, gratuit avec publicité, contenu anglophone canadien)
- CTV.ca / application CTV (Bell Media, gratuit avec publicité)
- Global TV (Corus, gratuit avec publicité)
- TVA+ (Groupe TVA/Québecor, gratuit avec publicité, contenu francophone québécois)
- Noovo.ca (Bell Media, gratuit avec publicité, contenu francophone)
- ICI TOU.TV (Radio-Canada, accès gratuit avec publicité, contenu francophone)
- Club illico / Illico Multiroom (Vidéotron, contenu québécois)
Ces listes sont non exhaustives et évoluent rapidement. De nouvelles plateformes lancent des formules avec publicité régulièrement.
L’accès aux inventaires locaux québécois via le programmatique
L’un des enjeux concrets pour un annonceur québécois est la capacité à accéder aux inventaires CTV pertinents pour son marché, à des coûts défendables. La fragmentation des plateformes rend cela plus complexe qu’il n’y paraît.
Certains inventaires locaux restent plus accessibles via des deals directs ou des PMP négociés qu’en open auction. Un partenaire programmatique qui a des intégrations directes avec les éditeurs locaux peut ouvrir des accès qui ne sont pas disponibles via un achat autonome sur un DSP.
Pourquoi la CTV reste sous-exploitée par les marques québécoises
Plusieurs facteurs expliquent que la CTV demeure sous-représentée dans les plans médias des annonceurs québécois, malgré une croissance rapide de la consommation de contenu en streaming :
La complexité perçue : L’écosystème reste dense, et beaucoup d’annonceurs ne savent pas par où commencer.
La confusion avec YouTube : YouTube est souvent utilisé comme substitut à la CTV, alors qu’il s’agit d’un environnement fondamentalement différent, sur des appareils différents, avec une expérience utilisateur distincte. Une publicité sur YouTube mobile n’est pas une publicité CTV.
Le manque de données locales : Il est plus difficile de trouver des données de référence sur les comportements de streaming des Québécois que sur les marchés américains ou européens. Cela génère une incertitude qui freine les décisions d’investissement.
Les CPM plus élevés : Le coût au mille en CTV est généralement supérieur à celui du display ou du vidéo web. Pour des équipes habituées à raisonner en termes de CPM bas, cela peut sembler disqualifiant, sans prendre en compte la qualité supérieure de l’exposition.
Erreurs fréquentes à éviter en CTV
Confondre CTV et YouTube : Ce sont deux canaux distincts, avec des dynamiques de consommation, des formats, des mécanismes d’achat et des indicateurs différents. Les intégrer dans la même enveloppe budgétaire sans distinguer leurs spécificités nuit à la lisibilité des résultats.
Acheter en open auction sans contrôle d’inventaire : En CTV comme en display, l’open auction expose à des inventaires de qualité variable. Sans une liste d’exclusions rigoureuse, de la curation d’inventaire et des vérifications de sécurité de marque, une part des impressions peut atterrir dans des environnements peu qualitatifs ou frauduleux.
Négliger la gestion de la fréquence : Un foyer exposé dix fois au même message en une semaine ne va pas convertir dix fois plus vite. Il va développer une aversion pour la marque. En CTV, la gestion de la fréquence par foyer est possible et indispensable.
Mesurer uniquement avec le VCR : Un taux de complétion vidéo de 95 % est flatteur, mais il ne dit rien sur l’impact de la campagne sur la notoriété, l’intention d’achat ou les ventes. Le VCR est un indicateur de diffusion, pas un indicateur de performance de marque.
Sous-estimer les exigences créatives : En CTV, la publicité est vue sur grand écran, avec le son activé, dans un contexte de visionnement souvent intentionnel et engagé. Un créatif pensé pour le mobile ou le display web ne fonctionnera pas aussi bien. La qualité de production compte.
Ce que NÜ fait différemment en CTV
La CTV n’est pas un canal que NÜ aborde de façon isolée. Elle s’inscrit dans une réflexion omnicanale plus large : quelle place ce canal occupe-t-il dans le parcours de l’audience? Comment s’articule-t-il avec le display, la vidéo programmatique, l’audio numérique ou le DOOH?
Activation multi-DSP : NÜ travaille avec plusieurs DSP selon les objectifs et les inventaires ciblés : The Trade Desk, DV360, Amazon Ads, StackAdapt. L’approche multi-DSP permet d’accéder à un éventail plus large d’inventaires et d’éviter la dépendance à une seule technologie.
Accès aux PMP et deals directs : NÜ structure des deals directs avec des éditeurs québécois et canadiens pour sécuriser des inventaires de qualité dans des environnements vérifiés. Ces accords vont au-delà de ce qui est disponible en open auction.
Qualité des inventaires avant volume : La sélection des environnements CTV suit les mêmes critères que pour les autres canaux : sécurité marque vérifiée, exclusion des inventaires douteux ou MFA (made-for-advertising), priorisation des éditeurs locaux lorsque c’est pertinent. Pour en savoir plus sur les MFA → Gaspillage publicitaire : MFA, l’art sournois pour siphonner votre budget
Pilotage humain à chaque étape : Les optimisations algorithmiques sont utiles, mais elles ne remplacent pas le jugement humain sur la pertinence des placements, la cohérence du message avec l’environnement, ou la lecture des signaux faibles dans les données. Derrière chaque campagne CTV chez NÜ, un spécialiste suit, analyse et ajuste.
Mesure qui va au-delà du clic : NÜ structure les indicateurs en amont, en fonction des objectifs réels de la marque. Pour une campagne de notoriété en CTV, les bons indicateurs ne sont pas les mêmes que pour une campagne de conversion.
Conclusion
Les audiences québécoises passent déjà une partie significative de leur temps télévisuel sur des environnements CTV. Les inventaires s’ouvrent. Les mécanismes d’achat programmatique se sont stabilisés. Et la mesure, longtemps le talon d’Achille du canal, devient plus rigoureuse.
Pour les marques québécoises et canadiennes qui hésitent encore, la question n’est plus de savoir si la CTV mérite une place dans leur stratégie média. C’est de savoir comment l’activer intelligemment, avec les bons inventaires, les bons partenaires technologiques, et une mesure qui permet de défendre chaque dollar investi.
Si vous souhaitez explorer concrètement ce que la CTV peut apporter à votre stratégie, l’équipe de NÜ est disponible pour en discuter. Parlons-en.
FAQ — Questions fréquentes sur la publicité en télévision connectée
Quelle est la différence entre CTV et OTT?
La CTV (TV connectée) désigne l’appareil sur lequel le contenu est regardé : un téléviseur connecté à internet. L’OTT (over-the-top) désigne le mode de livraison du contenu vidéo par internet, sans câble ni satellite. Les deux concepts sont liés mais distincts : on regarde un service OTT (Netflix, Crave, Tubi) sur un appareil CTV (un téléviseur intelligent ou une barrette de diffusion).
La CTV est-elle accessible pour une PME québécoise?
Oui. L’achat programmatique a rendu les inventaires CTV plus accessibles que la télévision linéaire traditionnelle. La réservation minimale est moins rigide, et les investissements peuvent être démarrés à des niveaux plus modestes. La clé est d’accéder aux bons inventaires via les bons mécanismes d’achat pour s’assurer que l’investissement atterrit dans des environnements de qualité.
Comment cible-t-on une audience spécifique en CTV?
Le ciblage en CTV combine plusieurs types de données : socio-démographiques, comportementales (historique de navigation et d’achat), géographiques (jusqu’au quartier ou au rayon autour d’un point précis), et contextuelles (genre de contenu regardé). Des plateformes comme Amazon Ads disposent de données propriétaires retail particulièrement riches pour affiner les audiences.
Comment mesure-t-on l’efficacité d’une campagne CTV?
Les indicateurs de base incluent le taux de complétion vidéo (VCR), la portée par foyer et la fréquence d’exposition. Pour aller plus loin, on peut structurer des études de brand lift (impact sur la notoriété ou l’intention d’achat), des mesures d’incrémentalité (effet causal de la campagne), ou des analyses d’attribution multiécran pour relier l’exposition CTV à des comportements ultérieurs.
Quelle est la différence entre la CTV et YouTube?
YouTube est une plateforme de partage de vidéo, accessible sur de nombreux appareils (mobile, ordinateur, tablette, téléviseur). La CTV désigne spécifiquement les environnements télévisuels connectés, généralement des services de streaming comme Crave, Tubi ou Amazon Prime Video. L’expérience de visionnement, les formats publicitaires, les mécanismes d’achat et les indicateurs de mesure sont différents. Traiter les deux canaux de la même façon dans un plan média est une erreur courante.
Qu’est-ce qu’un FAST en CTV?
Un FAST (free ad-supported streaming TV) est un service de télévision en direct, diffusé par internet, entièrement gratuit pour l’utilisateur et financé par la publicité. Pluto TV et Tubi Live en sont des exemples. Ces services reproduisent l’expérience des chaînes linéaires (grille de programmes, diffusion en direct) dans un environnement CTV, avec des inventaires publicitaires accessibles de façon programmatique.
La sécurité de marque est-elle un enjeu en CTV?
Oui. Comme en display, tous les inventaires CTV ne se valent pas. Une vérification rigoureuse des environnements, une liste d’exclusions bien structurée et le recours à des curations d’inventaires, des PMP ou des deals directs avec des éditeurs connus sont des protections essentielles. Un achat en open auction sans contrôle d’inventaire expose la marque à des environnements peu qualitatifs ou à des impressions frauduleuses.
La CTV remplace-t-elle la télévision linéaire?
Pas nécessairement, et pas pour tous les objectifs. La télévision linéaire conserve des atouts réels pour certains contextes (événements en direct, couverture de masse sur certains segments démographiques). La CTV offre des avantages distincts : ciblage précis, flexibilité, mesure plus granulaire, accessibilité. Dans une stratégie équilibrée, les deux peuvent coexister selon les objectifs et les audiences ciblées.
Sources :
- eMarketer, Programmatic Advertising Forecast and Trends H1 2026






